PIERRE-ANDRÉ DE CHALENDAR

Description du débat

le mardi 18 décembre, Les Mardis de l’ESSEC ont reçu Pierre-André de Chalendar, PDG du groupe Saint-Gobain :

De la Galerie des Glaces à la Pyramide du Louvre, Saint-Gobain toujours dans les bons coups ?
Transition écologique : quels défis pour l’industrie des matériaux ?
Saint-Gobain condamné pour entente illicite sur les prix : monopole du verre solitaire ?
Quelle stratégie industrielle pour la France ?
40,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017 : le verre, un marché solide ?

L'invité

Pierre-André de Chalendar est un ancien élève de l’ESSEC qui dirige aujourd’hui Saint-Gobain, l’une des dix plus vieilles entreprises françaises encore en activité. Comme son père et son grand-père, Pierre- André de Chalendar ne déroge pas à la tradition familiale en choisissant l’Inspection des finances à sa sortie de l’ENA en 1983. Quatre années lui ont suffi pour faire le tour de la dynastie des grands corps d’État ; il décide de rejoindre le Ministère de l’Industrie mais il s’en lasse dès 1989. Jeune et industrieux, notre invité n’entendait pas élire domicile sous les ors de la République. C’est alors qu’il conquiert les terres du privé que ses aïeux ont par trop méprisées. Mais c’est toujours une affaire de sang bleu qui anime Pierre-André de Chalendar. En effet, il fait son entrée comme directeur du plan chez Saint-Gobain, entreprise industrielle fondée en 1665 par Jean-Baptiste Colbert sous le nom de « Manufacture royale des glaces de miroirs ». Reconnu pour son sérieux et sa diligence, il gravit peu à peu les échelons de la firme pluriséculaire et multiplie les postes à haute responsabilité dans les filiales de Saint-Gobain jusqu’à en devenir son PDG en 2010. S’il devait avoir une épiclèse, ce serait très certainement Pierre-André le Tempérant. Pourquoi donc ? Dans l’exercice de ses fonctions, il est résolu à toujours mettre l’accent sur le développement durable. Comme nous l’a appris Caius Titus, les paroles s’envolent et les écrits restent ; le PDG de Saint-Gobain décide alors de publier en 2015 un ouvrage intitulé : Notre combat pour le climat. Un monde décarboné et en croissance, c’est possible. Cet essai lui a valu d’être adoubé par le World Green Building Council qui lui a un remis le prix de « l’entrepreneuriat vert » en 2016. Découvrez ce soir un homme exemplaire qui prend au mot Montaigne quand ce dernier écrivait « Nature est un doux guide » (Essais, III, ch.13).

Résumé du débat

Le Mardi 18 décembre, Les Mardis de l’ESSEC ont eu le plaisir de recevoir: Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain. Cet ancien étudiant de l’ESSEC habitué des lieux a d’emblée admis l’utilité de ce que ce qu’il a appris à Cergy avant de reconnaitre qu’il aurait gagné à « être plus assidu en cours ». M. de Chalendar se vante d’être l’homme d’une seule et unique entreprise. Selon lui, qu’un dirigeant d’entreprise s’inscrive dans la durée est plutôt signe de la bonne santé économique de celle-ci. Et ce patron -plutôt vieille école il est vrai- compte bien dépoussiérer ce fleuron français fondé par un des pères spirituels d’Arnaud Montebourg : Jean- Baptiste Colbert. Sa plus grande fierté ? Faire du neuf avec vieux ! S’il concède que l’histoire et la tradition sont primordiaux chez Saint-Gobain, « plus de 25% des produits vendus aujourd’hui n’existaient pas il y a 5 ans ». L’innovation est la clé du futur, et Saint-Gobain ne compte définitivement pas rester sur la touche. Interrogé sur la place grandissante du digital dans l’industrie et les inquiétudes que peuvent susciter les GAFA, de Chalendar, stoïque, soutient que même le géant Amazon ne peut concurrencer Saint-Gobain. Il explique en effet que le mode de distribution de Saint-Gobain reposant sur la maîtrise du coût du dernier kilomètre ne saurait être -pour le temps présent- pratiquée par les acteurs du digital…Et lorsqu’on le questionne sur l’avenir de l’industrie, de Chalendar ne manque pas de rappeler le rôle structurant de l’usine sur nos territoires. « Sans l’industrie, la ville disparaît » dit-il en prenant pour exemple l’ancien bassin industriel nordiste. Dernier enjeu de taille lui tenant particulièrement à cœur : le développement durable. Bien que l’industrie soit responsable de « près d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre », c’est, aux yeux de Chalendar, toujours par elle que doit venir notre salut à condition que nos gouvernements remettent en cause leur politique industrielle. Apporter plus de soutien à ses fleurons, c’est l’attente de de Chalendar et de ses pairs et cela commence par une révision des normes fiscales en vigueur. Mais pour rendre cela possible, il n’est d’autre voie aux yeux de l’invité que moyennant une réduction des dépenses publiques. La messe est dite.

Pierre-André de Chalendar aux Mardis de l'ESSEC le 18 décembre 2018

« Je suis l’homme d’une entreprise. »

Pierre-André de Chalendar

PDG du Groupe Saint-Gobain

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