ARNAUD MONTEBOURG

Description du débat
Le mardi 27 septembre 2016, Les Mardis recevaient Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Economie, du Redressement Productif et du Numérique, candidat à la présidentielle.

Arnaud Montebourg peut-il redresser productivement la France ?

Sommes-nous nostalgiques des usines ?

Mieux vaut-il être navigateur solitaire ou capitaine ad hoc ?

Arnaud Montebourg s’est-il mélenchonisé ?

Un projet qui mise tout sur la dépense publique est-il crédible en 2016 ?

La marinière à l’Élysée : Quels sont les fashion faux-pas à éviter ?

Mais surtout, et si c’était lui ?

 

L'invité

Il était une fois dans une charmante bourgade bourguignonne, au début des années 1960, un jeune garçon du nom d’Arnaud. Éloquent, charismatique, le jeune Montebourg sent-il déjà le vent du destin lui caresser la nuque ? Dès son baccalauréat en poche, Arnaud entame le cursus honorum national : licence de droit, Sciences Po… Avant d’échouer au concours d’entrée à l’ENA. (Est-ce pour cela qu’il veut le supprimer ?) Entré au PS, il est élu à 35 ans député de Saône-et-Loire en faisant campagne sur un thème pourtant peu en phase avec la doxa socialiste de l’époque : le protectionnisme. Ses prises de position atypiques, ses diatribes récurrentes contre le blanchiment d’argent en Europe et l’immunité présidentielle, ainsi que son attachement viscéral à une VIème République l’imposent peu à peu comme une figure marquante à gauche, à la foisimportante et iconoclaste.

 En 2006, il doit renoncer à se présenter à l’investiture socialiste pour la présidentielle, faute de soutiens suffisants au sein de l’appareil, et devient porte-parole de Ségolène Royal. On lui doit d’ailleurs à cette époque la savoureuse formule « Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut, c’est son compagnon ». Cet échaudement fera de lui un partisan fervent de la primaire ouverte, et le principal artisan de celle de 2011 où il finit troisième homme. Devenu Ministre du Redressement Productif dans les gouvernements Ayrault, l’homme du Made in France est partout. En marinière chez Moulinex, avec Adriana Karembeu chez Atol…

 À la faveur du “putsch” qui propulse M. Valls à Matignon, il ajoute l’Économie à son portefeuille. Mais, critique envers l’action du gouvernement, il est débarqué au premier remaniement. Renonçant à tout mandat public, il devient vice-président du conseil de surveillance de la chaîne d’ameublement Habitat… Pour mieux revenir comme candidat à la présidentielle de 2017, avec ou sans primaire !

Résumé du débat

Mad in France

 « Mais les jeunes, défendez votre pays, c’est lui qui vous a fait, il vous le rendra ». C’est par ces mots dignes des plus illustres pensionnaires de l’EHPAD de Nevers qu’Arnaud Montebourg clôturait ce premier débat des Mardis de l’ESSEC.

 Ils étaient nombreux à être venus célébrer l’alliance insolite d’une intonation bourgeoise et d’un socialisme moribond au service d’un monde ouvrier qui ne s’y reconnaît plus.

 Passer une heure et demi avec le lion socialiste, c’est un peu voyager dans le temps. Car, malheureusement, il n’y a pas que le phrasé qui soit désuet chez Arnaud Montebourg : les idées aussi semblent défiler en noir et blanc. De la solution miracle face à la crise : appliquer à la lettre la théorie keynésienne au culte de l’homme providentiel qu’il tente d’incarner : «La French Tech c’est moi », c’est un portfolio bien poussiéreux que nous a apporté le roi des frondeurs.

Néanmoins peut-on vraiment le blâmer pour être allé chercher dans le passé, des idées qui y firent recette ? Si les Athéniens tiraient au sort pourquoi ne le ferions-nous pas ? Et si le service militaire a permis – comme certains semblent le croire – d’instiguer aux Français l’amour du drapeau alors devrait-on s’en priver au prétexte que ce ne sont pas là des idées nouvelles ?

 Et M. Montebourg ne prétend pas discuter éternellement du bien-fondé de ses propositions : les présentant comme des innovations, elles seraient nécessairement efficaces. Pourtant ne soyons pas bornés, et à défaut de rénover les idées, rafraichissons le français en affirmant, à l’instar de notre hôte d’un soir : « Je veux mieux d’Europe ».

Arnaud Montebourg aux Mardis de l'ESSEC le 27 septembre 2016

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