ALEXANDRE BOMPARD

Description du débat

Les Mardis de l’ESSEC auront le plaisir recevaient Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, ex-PDG d’Europe 1 et de la Fnac, le mercredi 5 décembre dans le Grand Amphithéâtre de l’ESSEC à 20H.
Débat gratuit et ouvert à tous

Canal +, Europe 1, Fnac, Carrefour : Bompard, le bon parti ?

De l’administration publique à l’hypermarché, il n’y a qu’un pas ?

La grande distribution saura-t-elle s’adapter à l’émergence du consom’acteur et aux transformations des modes de consommation ?

Plan stratégique « Carrefour 2022 » : disruption dans la grande distribution ?

Après la suppression de 2400 postes, on optimisme toujours ?

2030 : « Maman, c’est quoi une caissière ? »

À quoi ressemblera l’hyper de demain ?

L'invité

Tout semblait destiner le jeune Alexandre à faire carrière dans la politique : avec un père chef d’antenne du RPR, ses diplômes de l’Institut Politique de Paris et de l’ENA en poche, il semble destiné à entamer cette longue et morne route dans l’administration publique. Ce qu’il fit, en arrivant en 2003 comme conseiller technique dans le cabinet d’un certain Francois Fillon, alors ministre des Affaires Sociales et du Travail. Mais très vite, la voie royale semble le lasser : adieu le secteur public et ses avantages discrets, bonjour les entreprises et leurs rémunérations mirobolantes ! Bompard rejoint successivement Canal +, Europe 1, Fnac, Darty puis Carrefour. A croire que notre ex-futur haut fonctionnaire veut à tout prix se rapprocher de la vie du français moyen ! Hélas, en 2015, un célèbre journal palmipède révèle que le PDG de la FNAC engloutit à lui seul près d’un quart des bénéfices
nets de l’entreprise avec son seul complément de salaire (Soit plus de 11,5 millions d’euros par an). Le privé a du bon ! Mais au-delà de ces malheureuses gabegies, il faut tout de même rendre à Bompard ce qui est à Bompard. Diriger de telles entreprises n’est pas une mince affaire, et l’énarque s’en tire plutôt bien : il redresse Canal + vacillante à son arrivée, rétablit l’audience d’Europe 1 et, coup de maître, rachète Darty alors qu’il est directeur de la FNAC, en contactant un par un les quarante plus gros actionnaires de l’électroménager. Serions-nous en présence d’un grand patron qui mérite son salaire ? A présent directeur de Carrefour, notre Alexandre le grand des entreprises est à la croisée des chemins entre consommation responsable et pouvoir d’achat. Il semble avoir choisi sa voie avec le plan « Carrefour 2022 » se voulant dans le sens de la transition alimentaire. Mais la colère gronde, et le gilet jaune veille…

Résumé du débat

Le mercredi 5 décembre, Les Mardis de l’ESSEC recevaient Alexandre Bompard, PDG de Carrefour. Tel un sage, ce jeune patron de 46 ans refuse de s’identifier à telle ou telle génération : selon lui, le bon patron se doit de se mettre au diapason des nouveaux outils à sa disposition, et ce, quelles que soient les générations. Alors que son impassibilité s’élime au moment où il voit défiler des photos de lui au Festival de Cannes, Monsieur Bompard démontre qu’il n’est pas homme à céder à la pression des projecteurs lorsqu’il affirme que jamais il n’a craint pour sa légitimité chaque fois qu’il a été nommé PDG. La légitimité d’un patron se mesure en aval et non en amont. La sagacité de notre invité l’amène à jouer le contradicteur. Face aux piques l’accusant de se dérober face à la difficulté, il répond par l’anecdote que Canal +, Europe 1 et Carrefour étaient en déconfiture avant son arrivée. Dans ce débat, le PDG de Carrefour fait son miel grâce des réponses extensives sur les raisons de la stratégie dite « multicanale » (offres physique et digitale), sur les enseignements qu’il a tiré de son expérience à la FNAC, et sur le futur de Carrefour : il faut « penser client », dit-il, comme le ferait un Jeff Bezos. Toute l’ambition du jeune PDG est de retrouver le succès d’antan en mettant le doigt sur l’identité de Carrefour qui se résume à la devise de l’ESSEC : « l’Esprit pionnier ». Planter pavillon dans le monde entier implique alors de développer des partenariats avec les GAFA. Au petit jeu des Mardis, M. Bompard se prend les pieds dans le tapis en affirmant que jamais il ne rejoindrait Amazon alors même qu’il a répété à l’envi le nom de la firme et de son CEO tout au long du débat. De Federer à Noah en passant par Nadal, M. Bompard nous a servi ses connaissances tennistiques sur un plateau d’argent. Jeu, set et match, il est temps de reprendre le débat avec des sujets orientés développement durable. Il affiche son esprit pionnier avec son programme « Act for Food » qui met l’accent sur la traçabilité des aliments de Carrefour. Mais outre ce point concret, notre invité surfe sur la vague du convenu et se montre évasif : oui, il faudrait rendre le bio accessible à tous, oui, il faudrait des prix responsables pour les producteurs tout en conservant des prix bas pour le consommateur… mais comment ? C’est le challenge qui occupe l’esprit d’Alexandre Bompard, le plus pionnier des PDG français.

Alexandre Bompard aux Mardis de l'ESSEC le 5 décembre 2018

« L’enjeu de la transition alimentaire, c’est de traiter cette question pour tous. On ne fait pas que ça pour les bobos parisiens. »

Alexandre Bompard

PDG du Groupe Carrefour

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